Régime forfaitaire ou régime ordinaire : lequel est vraiment avantageux, avec des exemples calculés
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En bref : le forfait n'est pas toujours avantageux. Il calcule l'impôt de 15 % sur un revenu présumé, donc il l'emporte lorsque vos coûts réels sont proches ou inférieurs à ceux que la loi présume pour votre secteur. Le régime ordinaire peut coûter moins cher lorsque vos coûts réels sont nettement plus élevés, que vous avez beaucoup de déductions personnelles ou une année en perte : pour le savoir, il faut faire les comptes avec vos chiffres.
Comment se calculent les impôts au forfait et au régime ordinaire ?
Au forfait, le revenu est un pourcentage fixe des recettes, le coefficient de rentabilité du secteur ; on en soustrait les cotisations, puis on applique 15 %. Au régime ordinaire, le revenu est égal aux recettes moins les coûts réels justifiés ; une fois les cotisations retirées, on applique l'IRPEF par tranches et on soustrait la déduction pour travail indépendant.
| Étape | Forfait | Régime ordinaire |
|---|---|---|
| Revenu | Recettes × coefficient du secteur (de 40 % du commerce à 86 % de la construction) | Recettes − coûts réels déductibles |
| Cotisations | Déduites du revenu forfaitaire (art. 1 al. 64 L. 190/2014) | Déduites du revenu (art. 10 TUIR) |
| Impôt | 15 % de substitution à l'IRPEF, aux surtaxes et à l'IRAP ; 5 % pendant les cinq premières années si vous remplissez les conditions | IRPEF : 23 % jusqu'à 28 000 €, 33 % jusqu'à 50 000 €, 43 % au-delà de 50 000 € (art. 11 TUIR) |
| Déductions | Aucune sur le revenu forfaitaire | Déduction pour travail indépendant et entreprise (art. 13 al. 5 TUIR), plus les déductions personnelles |
| Surtaxes | Absorbées par le 15 % | Régionale et communale en plus, variables selon le territoire |
Deux précisions sur les chiffres de ce guide. Les surtaxes régionale et communale du régime ordinaire ne sont pas incluses : elles dépendent de votre lieu de résidence, donc le prélèvement réel au régime ordinaire est un peu plus élevé que celui affiché. Et les cotisations sont calculées sur le revenu de la même année, comme le fait le simulateur, alors que la loi déduit celles versées dans l'année. Pour le détail des coefficients, voir coefficients de rentabilité par code ATECO.
Forfait ou régime ordinaire : trois exemples calculés
Trois profils avec des recettes et des coûts réels différents, calculés avec le moteur du simulateur et les règles 2026. Au forfait, les coûts réels ne se déduisent pas mais se paient quand même : c'est pourquoi le net est égal aux recettes moins les coûts réels moins le prélèvement, dans les deux colonnes. Ce sont des exemples, non des indications sur le choix à faire.
| Profil | Recettes | Coûts réels | Prélèvement forfait | Prélèvement ordinaire | Net forfait | Net ordinaire |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Consultant en gestion séparée | 50 000 € | 5 000 € (10 %) | 14 492,21 € | 19 796,47 € | 30 507,79 € | 25 203,53 € |
| Commerçant (INPS commerçants) | 80 000 € | 60 000 € (75 %) | 11 464,88 € | 7 603,65 € | 8 535,12 € | 12 396,35 € |
| Artisan des services à la personne (INPS artisans) | 60 000 € | 18 000 € (30 %) | 14 237,12 € | 17 636,76 € | 27 762,88 € | 24 363,24 € |
Exemple 1, consultant à 50 000 € avec des coûts réels de 10 %. Forfait : coefficient 78 %, revenu 39 000 €, cotisations en gestion séparée à 26,07 % pour 10 167,30 €, impôt 15 % sur 28 832,70 € : 4 324,91 €. Régime ordinaire : revenu 45 000 € (recettes moins 5 000 € de coûts), cotisations 11 731,50 €, IRPEF brute 8 178,61 €, déduction 113,64 €, IRPEF nette 8 064,97 €. Dans cet exemple, le forfait prélève 5 304,26 € de moins que l'ordinaire, avant surtaxes ; le prélèvement ordinaire descend au niveau de celui du forfait lorsque les coûts réels atteignent 32 % des recettes, contre les 22 % que présume le forfait.
Exemple 2, commerçant à 80 000 € avec des coûts réels de 75 %. Le forfait présume pour le commerce un revenu de 40 % des recettes, soit 32 000 € : cotisations INPS commerçants 7 841,04 € (sans réduction de 35 %), impôt 3 623,84 €. Avec des coûts réels de 60 000 €, au régime ordinaire le revenu réel est de 20 000 € : cotisations 4 903,44 €, IRPEF nette 2 700,21 € après une déduction de 772,00 €. Dans cet exemple, le régime ordinaire prélève 3 861,23 € de moins que le forfait, avant surtaxes ; le prélèvement ordinaire descend au niveau de celui du forfait lorsque les coûts réels atteignent 65 % des recettes, contre les 60 % que présume le forfait.
Exemple 3, artisan à 60 000 € avec des coûts réels de 30 %. Par exemple une activité de services à la personne (ATECO 96), qui relève des « autres activités » avec un coefficient de 67 % : revenu forfaitaire 40 200 €, cotisations INPS artisans 9 655,44 €, impôt 4 581,68 €. Régime ordinaire : revenu 42 000 €, cotisations 10 087,44 €, IRPEF nette 7 549,32 €. Dans cet exemple, le forfait prélève 3 399,64 € de moins que l'ordinaire, avant surtaxes ; le prélèvement ordinaire descend au niveau de celui du forfait lorsque les coûts réels atteignent 42 % des recettes, contre les 33 % que présume le forfait.
Refaites le calcul avec vos recettes dans le simulateur : la section forfait ou régime ordinaire explique ce que le calcul ne peut pas voir.
Quand le régime ordinaire peut-il être avantageux ?
Le régime ordinaire peut coûter moins cher que le forfait dans quatre situations : quand vos coûts réels dépassent largement ceux que présume le coefficient, quand vous avez d'importantes déductions personnelles à faire valoir, quand l'activité clôt une année en perte, quand vous avez des crédits d'impôt à utiliser contre l'IRPEF. Chacune doit être pesée sur vos chiffres, année après année.
- Coûts réels élevés. Le coefficient présume une part fixe de coûts : 22 % pour les professionnels, 60 % pour le commerce. Qui achète beaucoup de marchandises ou dispose d'outils coûteux peut dépenser davantage, et au régime ordinaire ces coûts réduisent le revenu, comme dans l'exemple du commerçant.
- Déductions personnelles. Dépenses médicales, intérêts de prêt immobilier, travaux de rénovation, personnes à charge : elles se soustraient de l'IRPEF brute. Au forfait, l'impôt de substitution ne les absorbe pas, et elles ne peuvent être utilisées que si vous avez d'autres revenus soumis à l'IRPEF (circ. AE 10/E de 2016, §4.4).
- Pertes. Au forfait, le revenu est toujours un pourcentage positif des recettes : même une année où vous dépensez plus que vous n'encaissez produit un impôt. Au régime ordinaire, le revenu est la différence réelle.
- Crédits d'impôt. Un crédit s'utilise contre un impôt à payer : avec une IRPEF plus élevée, il y a plus de marge pour l'absorber. Les crédits auxquels on a droit dans les deux régimes dépendent de chaque avantage : à vérifier au cas par cas.
Qu'est-ce qu'on perd au forfait ?
On perd la déduction des coûts réels, les déductions IRPEF sur le revenu d'entreprise ou professionnel et la récupération de la TVA sur les achats. En contrepartie, le revenu forfaitaire compte quand même lorsqu'une loi exige une condition de revenu, y compris pour les déductions pour charges de famille : entrer au forfait ne vous rend pas « plus pauvre » aux yeux du fisc.
La règle est l'alinéa 75 de l'art. 1 de la L. 190/2014 : lorsque les normes exigent la possession de conditions de revenu, on tient compte également du revenu soumis au régime forfaitaire. L'Agenzia delle Entrate (circ. 10/E de 2016, §4.3.7) précise que le revenu forfaitaire compte, avec le revenu global, pour la reconnaissance des déductions pour charges de famille de l'art. 12 al. 2 TUIR, alors qu'il ne compte pas pour les déductions de l'art. 13 TUIR : celui qui a aussi un salaire calcule la déduction pour revenu salarié sans compter le revenu forfaitaire.
Côté cotisations, le forfait offre un avantage que le régime ordinaire n'a pas : les artisans et commerçants peuvent demander la réduction de 35 % (al. 77), qui réduit toutefois aussi la retraite acquise. Voir cotisations INPS au forfait 2026 et réduction de 35 %.
TVA, retenues et facturation électronique : qu'est-ce qui change entre les deux régimes ?
Le forfaitaire ne facture pas de TVA et ne la déduit pas sur les achats, ne subit pas la retenue à la source et ne tient pas de comptabilité. En revanche, la facture électronique est obligatoire pour tous les forfaitaires depuis le 1er janvier 2024. Au régime ordinaire, on applique et on déduit la TVA, avec liquidations et déclaration, et on tient une comptabilité.
| Obligation | Forfait | Régime ordinaire |
|---|---|---|
| TVA sur facture | Non : pas de répercussion sur les opérations nationales (al. 58), dispense de versement et presque toutes les obligations TVA (al. 59) | Oui, avec déduction de la TVA sur les achats |
| Retenue à la source sur les rémunérations | Non : recettes et rémunérations ne subissent pas de retenue (al. 67) | Oui, là où la loi la prévoit |
| Retenues en qualité de substitut d'impôt | Non appliquées, sauf celles des art. 23 et 24 DPR (décret présidentiel) 600/1973 (al. 69) | Oui, lorsque vous versez des rémunérations soumises à retenue |
| Écritures comptables | Dispense, avec conservation des documents (al. 69) | Comptabilité simplifiée ou ordinaire |
| Facture électronique | Obligatoire : dès le 1/7/2022 pour ceux qui avaient dépassé 25 000 euros, dès le 1/1/2024 pour tous les autres (art. 18 D.L. 36/2022) | Obligatoire |
La TVA pèse différemment selon les clients : pour qui vend à des entreprises, elle est en grande partie neutre, puisque le client la déduit ; pour qui vend à des particuliers, l'absence de TVA au forfait est un avantage de prix. Le point est expliqué dans forfait à 100 000 euros mais TVA dès 85 000.
Si je remplis les conditions du forfait, puis-je choisir le régime ordinaire ?
Oui. L'alinéa 70 permet à ceux qui remplissent les conditions d'appliquer la TVA et les impôts sur les revenus selon les modalités ordinaires, avec une option valable pendant au moins trois ans, communiquée avec la première déclaration annuelle suivante, puis renouvelée d'année en année tant qu'elle reste appliquée. Avant de choisir, il convient donc d'examiner plusieurs années, et non une seule.
La contrainte triennale explique pourquoi une seule année de coûts élevés ne suffit pas à décider : un investissement ponctuel peut faire gagner l'ordinaire cette année-là et le forfait les deux suivantes. Avec les règles en vigueur, par ailleurs, le choix n'est pas libre au-delà de certains seuils : au-delà de 85 000 € de recettes, on sort du forfait l'année suivante, au-delà de 100 000 € immédiatement (voir ce qui se passe si vous dépassez 85 000 euros).
Avec la flat tax 2027, la comparaison change-t-elle ?
Au 23 octobre 2026, non : la loi de finances 2027 n'est pas approuvée et la comparaison se fait avec les règles 2026. Les hypothèses de presse, c'est-à-dire un forfait jusqu'à 100 000 euros et une IRPEF à 33 % jusqu'à 60 000, affecteraient les deux côtés de la balance, mais tant qu'elles ne figurent pas dans un texte approuvé, ce sont des hypothèses.
- Certain : seuil d'entrée à 85 000 €, impôt à 15 %, tranches IRPEF 2026, obligations du tableau ci-dessus.
- Hypothèse : seuil à 100 000 euros avec TVA dès 85 000 (Sky TG24 13/10/2026, Alanews 20/10/2026) et deuxième tranche IRPEF jusqu'à 60 000 euros (Sky TG24 13/10/2026), que Informazione Fiscale juge non financée le 20/10/2026. En dessous de 50 000 euros de base imposable, cette dernière ne changerait rien.
Le cadre complet figure dans le hub flat tax 2027 : ce qui change pour les partite IVA ; l'effet de l'IRPEF à 33 % en euros est dans IRPEF 2027 à 33 % jusqu'à 60 000 euros.
Sources
- L. 23 décembre 2014 n° 190, art. 1 alinéas 54-89, texte en vigueur sur Normattiva (al. 58, 59, 64, 67, 69, 70, 75, 77), consultée le 23/10/2026
- Agenzia delle Entrate, circulaire 10/E du 4 avril 2016, §4.3 (coefficients), §4.3.7 (déductions) et §4.4 (impôt de substitution), consultée le 23/10/2026
- D.L. (décret-loi) 30 avril 2022 n° 36, art. 18 et D.Lgs. (décret législatif) 5 août 2015 n° 127, art. 1 al. 3 (facturation électronique des forfaitaires), consultés le 23/10/2026
- D.P.R. (décret présidentiel) 917/1986 (TUIR, texte unique des impôts sur le revenu), art. 10, 11 et 13, et L. 30 décembre 2025 n° 199, art. 1 al. 3 (deuxième tranche à 33 %), consultés le 23/10/2026
- INPS, circulaire n° 8 du 3 février 2026 (gestion séparée) et circulaire n° 14 du 9 février 2026 (artisans et commerçants), consultées le 23/10/2026
- Sky TG24, 13 octobre 2026, Alanews, 20 octobre 2026 et Informazione Fiscale, 20 octobre 2026 (hypothèses de loi de finances : sources journalistiques, non normatives), consultées le 23/10/2026
Questions fréquentes
Le forfait est-il toujours plus avantageux que le régime ordinaire ?
Non. Le forfait calcule 15 % sur un revenu présumé à partir du coefficient du secteur, sans déduire les coûts réels. Si vos coûts réels dépassent largement ceux présumés, si vous avez beaucoup de déductions personnelles ou une année en perte, le régime ordinaire peut coûter moins cher. Dans l'exemple du commerçant à 80 000 € avec des coûts à 75 % des recettes, le régime ordinaire prélève 3 861,23 € de moins que le forfait.
Comment comparer les impôts entre forfait et régime ordinaire ?
Au forfait : recettes multipliées par le coefficient, moins les cotisations, puis 15 %. Au régime ordinaire : recettes moins coûts réels, moins les cotisations, IRPEF par tranches de 23 %, 33 % et 43 %, moins la déduction pour travail indépendant, plus les surtaxes régionale et communale. La comparaison correcte porte sur le net après coûts réels, qui se paient dans les deux régimes.
Au forfait, peut-on déduire les dépenses médicales et les personnes à charge ?
Pas sur l'impôt de substitution à 15 %. Les déductions ne s'imputent sur l'IRPEF brute que si vous avez d'autres revenus soumis à l'IRPEF, comme le précise la circulaire 10/E de 2016. Le revenu forfaitaire compte toutefois, avec le revenu global, pour la reconnaissance des déductions pour charges de famille, sur la base de l'alinéa 75 de la loi n° 190 de 2014.
Les forfaitaires doivent-ils émettre une facture électronique ?
Oui. L'article 18 du décret-loi n° 36 de 2022 a supprimé la dispense : la facture électronique est obligatoire depuis le 1er juillet 2022 pour ceux qui avaient dépassé 25 000 euros de recettes ou de rémunérations, et depuis le 1er janvier 2024 pour tous les autres forfaitaires. En revanche, l'absence de TVA sur facture et de retenue à la source subsiste.
Si je choisis le régime ordinaire, pour combien de temps ?
Ceux qui remplissent les conditions du forfait peuvent opter pour la TVA et les impôts sur les revenus selon les modalités ordinaires : selon l'alinéa 70 de la loi n° 190 de 2014, l'option vaut pour au moins trois ans, se communique avec la première déclaration annuelle suivante, puis se renouvelle d'année en année tant qu'elle reste appliquée. C'est pourquoi il vaut mieux évaluer plusieurs années, et non une seule.
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